Le Sacre du Printemps de Igor Stravinsky

Histoire des Arts - 3ème

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INTRODUCTION

Sous-titré « Tableaux de la Russie païenne », Le Sacre du Printemps de Igor Stravinski est l'une des œuvres artistiques les plus importantes du XXe siècle. Elle marque l'entrée dans la modernité pour la musique et la danse.

Sa création en 1913 à Paris, donna lieu à un mémorable scandale, provoqué à la fois par la chorégraphie tribale de Nijinski et par la musique fracassante de Stravinski, en rupture avec les traditions classiques et romantiques.

igor stravinsky

FICHE TECHNIQUE / HISTOIRE DES ARTS

Type : Ballet

Durée : 30 minutes environ

Création : Théâtre des Champs-Élysées à Paris, le 29 mai 1913

Composition : Igor Stravinsky (1882-1971)

Chorégraphie : Vaslav Nijinski (1889-1950)

Décors et costumes : Nicolas Roerich (1874-1947), dédicataire

Producteur : Serge Diaghilev (1872-1929), commanditaire et Directeur de la Compagnie des Ballets Russes

Formation : Grand orchestre symphonique de 120 musiciens

Sujet : Rite païen imaginaire célébrant le retour du printemps par le sacrifice d'une jeune fille.

« J'entrevis dans mon imagination le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le Dieu du Printemps. »      Igor Stravinsky, dans Chroniques de ma vie

LE FILM

Coco Canel & Igor Stravinski est un film de Jan Kounen, sorti en 2009, qui permet d'entrer dans la vie intime du maestro et de revivre la création du Sacre du Printemps en 1913.

Le Sacre du Printemps - Analyse

Le printemps en Russie est une période de dégel spectaculaire qui se manifeste par

le réveil puissant des forces de la nature, d'où l'aspect tumultueux du ballet.

adoration de la terre

Premier tableau : L'ADORATION DE LA TERRE

Au printemps : la terre est couverte de fleurs, une grande joie règne, les hommes se livrent à la danse et interrogent l'avenir selon les rites. L'Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l'amène pour l'unir à la terre abondante et superbe. Des danses heureuses de filles et de garçons se transforment progressivement en transes sauvages. Les garçons s’emparent des filles et deux tribus rivales engagent un combat que le vieux sage tente de calmer.

Introduction - Augures printaniers - Danses des adolescentes - Jeu du rapt - Rondes printanières - Jeu des cités rivales - Cortège du Sage - L'Adoration de la Terre - Danse de la Terre

Second tableau : LE SACRIFICE

Après minuit, les adolescentes mènent les jeux mythiques. On glorifie celle qui est désignée pour être livrée aux Dieux. On appelle les Aïeux, témoins vénérés. Garçons et filles de la tribu se déchaînent autour de l’élue qui meurt à l’issue d’une danse frénétique.

Introduction - Cercles mystérieux des adolescentes - Glorification de l'élue - Évocation des ancêtres - Action rituelle des ancêtres - Danse sacrale

LE LANGAGE ARTISTIQUE

sacre du printemps orchestre

Instrumentation : A l'image du basson qui ouvre l’œuvre dans un sentiment de désolation, de solitude et d’attente, chaque instrument apparaît comme un bourgeon qui pousse sur l’écorce d’un arbre.

Orchestration : L'orchestre se manifeste souvent par blocs puissants, soutenus par les cuivres et les percussions.

Rythmes : Le paramètre rythmique est au premier plan avec des mesures irrégulières, des rythmes complexes, ou des ostinatos statiques.

Mélodies : Les cellules mélodiques, inspirées de chants populaires slaves, sont jouées de manière répétitive et obsédante. Le discours musical est discontinu, avec des ruptures abruptes (pas de transitions), des contrastes soudains, des accents déplacés là où l'auditeur ne les attend pas.

Harmonie : Sur le plan harmonique, on trouve des agrégats sonores dissonants (blocs compacts de notes) remplaçant le principe d'accords consonants et subtils.

Dynamiques : Alors que chaque partie commence de façon lente et calme, de grands crescendos brutaux provoquent de réguliers fracas et finissent en explosions.

Langage chorégraphique : A l'opposé de la danse classique qui cultive la grâce (port de tête, pointes, arabesques, élévation, sauts, mouvements aériens), la chorégraphie de Nijinski transforme les danseurs en créatures primitives et presque bestiales : ils ont les jambes et les pieds en-dedans, les genoux légèrement ployés, les poings serrés, la tête baissée, les épaules voûtées. Ils se meuvent dans des gestes désarticulés, des mouvements convulsifs, des piétinements qui les relient à la terre.

Costumes : Créés par Nicolas Roerich, ils sont amples, importés de la culture indienne, et ne mettent pas en valeur le corps harmonieux des danseurs et danseuses.

LES ARTISTES

Igor STRAVINSKI : Son père est chanteur et la musique domine rapidement ses études universitaires. Il est remarqué à Paris par Diaghilev. Ce dernier lui propose de réaliser un ballet, qui sera intitulé L’oiseau de feu (1910), et rencontrera un vif succès. Il compose ensuite Petrouchka (1911), puis  le Sacre du Printemps.

 

Serge DIAGHILEV : organisateur de spectacles, critique d’art, protecteur des artistes, impresario de ballet. Il a fondé les Ballets russes d'où seront issus maints danseurs et chorégraphes qui ont fait l'art de la danse du XXe siècle.

Nicolas ROERICH : Peintre russe, explorateur, anthropologue. Il s’intéressait aux rites des Chamans et des anciens Slaves. Il a intégré des mouvements géométriques dans ses décors et costumes. Épris de culture indienne, il participe à un grand nombre d'expéditions archéologiques en Asie centrale, dans l'Himalaya et au Tibet. Il finira ses jours en Inde, vénéré comme un gourou.

 

Vaslav NIJINSKI : Danseur et chorégraphe russe. Ses contemporains, qui l’ont vu danser, étaient impressionnés par sa virtuosité, sa grâce et sa grande maîtrise technique des sauts. Doué d'un talent d'acteur hors du commun, Nijinski fit la gloire et la renommée des Ballets russes de Diaghilev.

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