Séquence - MUSIQUE et ESPACE
Comment composer la partition d'un thème spatial ?
Depuis la Nuit des Temps, l'être humain lève les yeux vers le ciel. D'abord perçu comme le domaine des Dieux, l'espace est devenu, au XXe siècle, une conquête. Celle-ci n'a pas seulement été une prouesse technique, elle a été un choc majeur. Cette fascination a nourri les arts, le cinéma et la musique. Nous allons explorer comment les sons et les images ont donné une "voix" à ce silence spatial, et comment notre regard sur le cosmos a évolué à travers ces œuvres.
🎵 Besoin d'autres ressources ? > Voir le Menu de nos 60 idées de cours par niveau et par thème...
Star Wars - G. LUCAS
Film : Sorti en 1977 et réalisé par George Lucas, Star Wars a révolutionné le cinéma de science-fiction. Il impose les codes du "space opera" : une lutte manichéenne entre le bien (l'Alliance rebelle) et le mal (l'Empire galactique), le tout saupoudré d'éléments de mythologie ancienne et de technologie futuriste.
Musique : Composée par John Williams, la partition de 1977 est l'une des plus célèbres de l'histoire. Elle renoue avec la tradition symphonique romantique du XIXe siècle, utilisant des leitmotivs (thèmes musicaux associés à un personnage ou un lieu précis). Cette musique héroïque et orchestrale, qui puise son inspiration dans les œuvres de Wagner ou de Holst, donne à l'espace une dimension épique et légendaire.
Le maestro John Williams dirige sa composition spatiale (6'41)
2001, l'Odyssée de l'espace - S. KUBRICK
Extrait musical : Durant l'été 1966, le compositeur autrichien György Ligeti (1923-2006) écrit Lux Aeterna (Lumière éternelle). Cette pièce de musique contemporaine utilise la micropolyphonie : une polyphonie reposant sur des micro-intervalles. Elle est distribuée à 16 parties, pour un chœur mixte a cappella (4 sopranos, 4 altos, 4 ténors, 4 basses). Le flux des voix crée une matière sonore distendue, où les consonnes sont éludées pour une meilleure fusion...
Film : Dans 2001 : L'Odyssée de l'Espace (1968), Stanley Kubrick a utilisé cette musique pour la séquence du monolithe noir découvert dans un cratère lunaire, symbolisant de façon mystique le principe créateur.
Scène de Lux Aeterna, une atmosphère de tension et d'étrangeté (3'39)
E.T. l'Extraterrestre - S. SPIELBERG
Présentation : Chef d’œuvre de l'année 1982, E.T. narre la rencontre d'Elliott avec un extraterrestre abandonné sur la Terre. Analyse musicale : La scène finale est une merveille d'accompagnement musical en plusieurs étapes : la chaleur de la mélodie aux cordes quand apparaît le vaisseau spatial - l'appel du cœur d'E.T. par le cor - le tourbillon de flûte traversière quand la petite fille fait ses adieux - de nouveau la rondeur du cor pour l'au revoir du grand frère - puis le moment fort d'émotion entre Elliott et E.T. avec violoncelles et violons se superposant en double mélodie - cors et trompette appellent au départ - triangle magique puis cuivres pour une dernière parole solennelle - tutti puissant de l'orchestre avec cymbales pour l'envol, ponctué par timbales et orgue... Le spectateur, en larmes, est "achevé" par le thème Over the Moon au piano final.
La scène finale mise en musique et les adieux en intégralité (7'20)
Avatar - J. CAMERON
Film : Sorti en 2009 et réalisé par James Cameron, Avatar nous transporte sur Pandora, une lune luxuriante en orbite autour d'une géante gazeuse dans le système d'Alpha Centauri. Dans un contexte de colonisation spatiale, l'intrigue oppose les intérêts industriels et militaires de la Terre à la préservation de l'écosystème de Pandora. À travers le personnage de Jake Sully, qui intègre un corps artificiel pour s'immerger parmi les Na'vi, le film explore des thèmes universels comme l'écologie, le choc des cultures et la quête d'identité.
Musique : James Horner était déjà connu pour son attrait des musiques ethniques : Aliens, Willow, The New World, Apocalypto, Troy. Dans Avatar, sur ce thème d'un peuple sauvage, il opère une synthèse de son travail passé en utilisant percussions, shakuhachi, flûtes amérindiennes, voix planantes et chœurs synthétiques... Un savant mélange d'exotisme, d'orchestral et d'électronique.
Orchestre et choeurs pour un medley spectaculaire d'Avatar (8'55)
Interstellar - C. NOLAN
Film : Sorti en 2014 et réalisé par Christopher Nolan, Interstellar nous place dans un futur proche où la Terre se meurt. Pour sauver l'humanité, des explorateurs se lancent dans une mission périlleuse à travers un trou de ver afin de trouver une nouvelle planète habitable. Le film se distingue par son ambition scientifique, en s'appuyant sur les théories de la relativité générale, et par son cœur émotionnel, centré sur le lien indestructible entre un père et sa fille, par-delà les années-lumière.
Musique : Signée Hans Zimmer, la partition rompt avec le gigantisme orchestral habituel pour se concentrer sur une instrumentation plus intime et mystique. L'utilisation prédominante de l'orgue à tuyaux confère une dimension sacrée et solennelle à l'Espace, tandis que les textures sonores répétitives et minimalistes illustrent la dilatation du temps et l'immensité du vide. Cette musique parvient à traduire musicalement l'angoisse de l'inconnu autant que la chaleur des émotions humaines.
La suite symphonique tirée de la grande B.O. d'Interstellar (7'30)
Life on Mars ? - D. BOWIE - Chant
Chanson : Sortie en 1971, Life on Mars fut signée de David Bowie. Musicalement, elle se distingue par un piano mélodique et des arrangements orchestraux qui montent en puissance. Le texte est une succession d'images surréalistes : une jeune fille déçue par la réalité de son quotidien, marqué par les conflits familiaux et la morosité, se réfugie dans le cinéma. La question Y a-t-il une vie sur Mars ? devient une métaphore puissante pour exprimer le désir d'ailleurs, l'aliénation de la jeunesse face à un monde terne et le besoin vital de s'échapper vers un univers plus fantastique et fascinant.
Cover de Life on Mars, avec ici la jeune Hayley Richman (3'52)
Eternal Love - W. Siudmak - HDA
Créateur : Né en Pologne en 1942, formé à l'Académie des Beaux-arts de Varsovie, puis à l'École nationale des Beaux-arts de Paris, Wojtek Siudmak est un peintre moderne du réalisme fantastique. S'illustrant dans le genre fantasy et dans la science-fiction, il s'est rendu célèbre notamment en dessinant des couvertures de romans (collection Pocket Science-fiction) ou encore l'affiche du Festival de Cannes 1977. Eternal Love ou Amour éternel est daté de 1985. C'est une acrylique sur toile de 51x42 cm, qui signe bien la qualité de visionnaire que l'on reconnaît à Siudmak. Le thème du baiser y est transposé dans une sorte d'infini (ciel, fonds marins, espace...). Les anneaux planétaires s'entrelacent, les planètes deviennent des visages humains, et l'éclat de l'amour est symbolisé par ces fragments éclatés de météorites, qui gravitent autour de la scène.
Un cahier d'élève très complet, polyvalent et ouvert au monde.
> 60 Cours d'Éducation Musicale - Collège
> 7 Cahiers - Musique
Le plaisir pour l'élève d'étudier avec un cahier-livre attrayant !