MUSIQUE ZEN CLASSIQUE

Sources musicales : Les Grands Compositeurs et leurs œuvres  (Éditions Fuzeau)

Introduction : A la recherche de simples moments de relaxation, ou pour travailler dans une atmosphère détendue, ou encore pour pratiquer la méditation, nous avons besoin d'habiller notre environnement sonore d'une musique zen. Il existe pour cela de nombreuses sources d'écoutes standardisées, mais nous pensons ici que la musique classique peut apporter une valeur ajoutée. Car l'une des vertus de cet art classique est de transmettre - en plus de son côté relaxant - des émotions, un discours mélodique inspirant, et un contenu harmonique riche. Vous vous sentirez donc zen, mais de surcroit enthousiasmés. Voici quelques exemples...

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1) Johann N. HUMMEL - Concerto pour trompette en mi b majeur - 2ème mouvement

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Circonstances de création : Élève de Mozart, Johann Nepomuk Hummel (1778 - 1837) fut un enfant prodige du piano et l'un des meilleurs musiciens de son temps. Il succéda à Joseph Haydn comme Konzertmeister à la Cour du Prince Estherhazy. Il est aujourd'hui tombé dans l'oubli, mais ce Concerto pour trompette fait exception et demeure une référence dans le répertoire de l'instrument. Il fut composé en 1803, entre Classicisme et Romantisme, mariant rigueur formelle et liberté d'expression. Sa création date du 1er janvier 1804, par son commanditaire le trompettiste Anton Weidinger, qui avait amélioré la trompette à clés pour lui donner toute la gamme chromatique.

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L'extrait : L'Andante est un sublime chant, rappelant à bien des égards la conduite mélodique des airs d'opéras italiens, si bien que l'instrument soliste y est ressenti comme une véritable voix. La trompette est agréablement soutenue par les cordes et les pizzicati des basses. Il faut savoir que cette partition fut retrouvée dans les années 1950, soit un siècle et demi après son écriture, grâce aux recherches du musicien Armando Ghitalla.

2) Franz LISZT - Concerto pour piano n°2 en la Majeur - 1er mouvement

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Circonstances de création : Esquissé à Rome en 1839, puis finalement achevé en 1849, ce Concerto n°2 pour piano fut créé au Théâtre de la Cour de Weimar le 7 janvier 1857, sous la direction de Liszt en personne, avec au piano l'un de ses brillants élèves. Tout comme le 1er concerto, il est de forme rhapsodique en quatre mouvements enchaînés. Plusieurs thèmes y circulent de façon constamment renouvelée, dans une atmosphère changeante, allant de l'intime aux orages les plus héroïques.

L'extrait : Méditation lyrique et nostalgique, la mélodie de l'Adagio sostenuto assai est exposée à la clarinette et au hautbois. Le piano la reprend en la développant en différents climats très symptomatiques de l'esprit romantique.

3) Johannes BRAHMS - Concerto pour piano n°1 en ré mineur - 1er mouvement

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Circonstances de création : C'est dans la douleur de la maladie, de la tentative de suicide, puis de la perte de son ami et maître Robert Schumann que Brahms écrivit son Concerto n°1 pour piano. Il y fit porter, sur les premières mesures de l'Adagio, la mention "Benedictus qui venit in nomine Domini". L’œuvre fut créée le 22 janvier1859 à Hanovre. Totalement incomprise lors de ses premières présentations publiques (en raison de ses proportions plus symphoniques que concertantes), elle dégage une force dramatique impressionnante pour la plume d'un compositeur âgé seulement de 21 ans au moment de sa genèse...

L'extrait : Après une longue introduction orchestrale porteuse d'un climat tragique et passionné, l'entrée du piano se fait sur d'admirables sixtes qui, lorsqu'elles sont bien exécutées, ont le pouvoir de porter l'émotion à son comble... Le développement qui suit, tantôt fougueux, tantôt rêveur, révèle des passages d'une beauté sans pareille.

4) Nicolaï RIMSKI-KORSAKOV - Shéhérazade - 1er mouvement - Thème du Sultan

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Circonstances de création : Narrateur et coloriste incomparable, inspiré autant par les traditions nationales russes que par l'Orient, Rimski-Korsakov fut un grand symphoniste attaché à des formes libres. Cette suite symphonique, ayant pour programme les Contes des Mille et une nuits, a été terminée en juillet 1888 et créée l'année suivante à Saint-Pétersbourg. C'est un joyau de l'art orchestral, une œuvre qui a elle seule aurait suffit à assurer la postérité du compositeur. Elle est découpée en quatre mouvements : 1. La mer et le bateau de Sinbad - 2. L'histoire du Prince Kalender - 3. Le jeune prince et la princesse - 4. La fête à Bagdad - Le naufrage du bateau sur les rochers

L'extrait : L’œuvre est introduite par une présentation musicale des deux personnages principaux du conte : le redoutable Sultan Shariar et la belle Shéhérazade. La fine mélodie orientale, jouée au violon, incarnera l'héroïne comme leitmotiv charmeur tout au long de la partition. Le dessin est gracieux, caressant, chanté dans le registre aigu de l'instrument.

5) Félix MENDELSSOHN - Ouverture Les Hébrides

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Circonstances de création : Depuis les romans de Walter Scott, beaucoup d'artistes romantiques ont été attirés par les paysages nordiques tourmentés. Lorsque durant l'été 1829, Mendelssohn entreprend un voyage en Grande-Bretagne, il est fortement marqué et séduit par la beauté du site de la grotte de Fingal, remplie à chaque marée par la mer. La scène se déroule dans l'archipel des Hébrides au large de l’Écosse. C'est ce souvenir maritime qui est mis en musique dans l'ouverture composée à Rome pendant l'hiver 1830-31, et préalablement intitulée Die einsame Insel : L'île solitaire.

L'extrait : "Le premier grand tableau marin de la musique romantique", selon le musicologue Marc Vignal. La mélodie principale en si mineur, aux cordes graves, ouvre cette partition aux allures de poème symphonique. Murmure de la mer, climat embrumé, flots claquant contre les parois des rochers, le compositeur propose une page saisissante par l’atmosphère mystérieuse dans laquelle elle transporte l'auditeur.

6) Camille SAINT-SAËNS - Carnaval des animaux - Le Cygne

Circonstances de création : Saint-Saëns est en Autriche lorsqu'il entame en 1886 cette grande fantaisie zoologique, prévue pour être donnée au mois de mars de la même année à l'occasion de Mardi Gras. Elle est composée de 14 pièces, consacrées chacune à un animal. Orientalisme, caquetages, rugissements, sautillements, tintamarre, parodies et cocasseries, l'auteur déploie toute sa panoplie humoristique et utilise à merveille son petit ensemble instrumental.

L'extrait : Le cygne s'adresse à un violoncelle soliste, chantant langoureusement son thème en sol majeur, et deux pianos qui égrènent un fond musical d'arpèges fluides, aquatiques et vaporeux. La pièce est de forme tripartite A-B-A. Cette musique fut par ailleurs admirablement chorégraphiée par la ballerine Anna Pavlowa.

7) Richard STRAUSS - Les quatre derniers Lieder

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Circonstances de création : Les quatre derniers Lieder constituent le testament musical de Richard Strauss, âgé de 84 ans au moment de leur conception, et décédé avant leur création à Londres le 22 mais 1950 par le grand Wilehlm Fürtwangler. Les textes des trois premiers poèmes sont l’œuvre de l'écrivain Hermann Hesse, et le dernier poème est de la plume de Joseph Eichendorff. L'ensemble présente un raccourci saisissant sur le cycle de la vie, par des atmosphères printanières et automnales, presque des parfums...

L'extrait : C'est une subtile alchimie sonore qui accueille la voix dans le troisième Lied : Beim schlafengehen (en allant s'endormir). L'âme libérée de la fatigue de la vie, se retrouve en apesanteur.

8) Vincenzo BELLINI - La Norma

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Circonstances de création : Bellini occupe une position charnière dans le répertoire lyrique italien, entre le bel canto de Rossini et l'opéra romantique de Verdi. La force de sont art réside à la fois dans son sens dramatique et dans la grâce de ses mélodies. Norma, opéra en deux actes créé le 26 décembre 1831 à la Scala de Milan, nous plonge en Gaule vers 50 avant J.C., au temps de l'occupation romaine.

L'extrait : Point culminant de tout l'opéra, l'aria Casta Diva est un modèle par la beauté et la pureté de sa ligne mélodique qui semble comme couler de source. La tonalité de fa majeur est installée par une introduction de l'orchestre. La pulsation flottante à 12/8 est assurée par les arpèges des violons et la ponctuation des violoncelles et contrebasses. L'aria vient en contrepoint de cette atmosphère, et la chanteuse peut déployer sa prière...

9) Antonio VIVALDI - Concerto pour flautino en ut Majeur - 2ème mouvement

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Circonstances de création : Au catalogue des multiples œuvres concertantes que Vivaldi écrivit pour les jeunes filles de l'Ospedale della Pieta figurent 3 concertos pour flautino. Cet instrument suscita bien des interrogations de la part des musicologues, avant que l'on s'accorde sur le fait qu'il s'agisse non pas d'un type de flûte traversière piccolo, mais plutôt d'une flûte à bec sopranino.

L'extrait : Le Largo en mi mineur est un air soliste d'une absolue beauté. La flûte, au registre aigu si charmant et enchanteur, semble planer sur un rythme ternaire en siciliennes et s'enrobe de longues tenues aux cordes. Cet épisode magnifique entra avec bonheur dans la musique du film de François Truffaut : L'enfant sauvage ( 1970).

10) Joaquin RODRIGO - Concerto d'Aranjuez pour guitare - 2ème mouvement

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Circonstances de création : Le Concertio de Aranjuez, qui a fait la célébrité de Rodrigo, est une partition pour guitare et orchestre écrite en 1939, à Paris. L'idée de composer cette œuvre surgit lors d'un dîner en compagnie de sa femme, du Marquis de Bolarque, et du guitariste Regino Sainz de la Maza, qui est son dédicataire. Son intitulé provient du site royal d'Aranjuez, au sud de Madrid, où se trouve le Palais Royal, entouré de merveilleux jardins. En le situant à Aranjuez, son auteur l'a également situé dans une époque : fin XVIIIe et début XIXe siècle, à l'ambiance de "majas" et toreros, de sons espagnols revenus d'Amérique.

L'extrait : Le second mouvement Adagio est l'un de ces sublimes moments dont le pouvoir de séduction ferait tomber quiconque amoureux de la musique classique... Un cor anglais solo propose à la guitare une mélodie chaude et rêveuse, ornementée et développée en un dialogue merveilleusement construit avec différents pupitres de l'orchestre.