Le CARNAVAL des ANIMAUX

le carnaval des animaux cycle 2

Le compositeur français Camille Saint-Saëns est en Autriche, lorsqu'il entame en 1886 une grande fantaisie zoologique : Le Carnaval des Animaux. Celle-ci est prévue pour être donnée au mois de mars de la même année, à l'occasion de Mardi Gras.

L’œuvre est composée de 14 pièces, consacrées chacune à un animal : Le Lion, Le Cygne, L'Éléphant, Les Tortues, Les Kangourous, etc, à l'exception des Pianistes et des Fossiles.

Introduction et Marche royale du Lion

Cette pièce d'entrée est entonnée sous forme d'appel, par un petit orchestre rassemblant 2 pianos et des cordes. Puis la marche majestueuse du lion est jouée par les cordes dans le grave. De puissantes montées au piano évoquent ses imposants rugissements.

Aquarium

C'est ici une musique gracieuse, avec son thème tournoyant figurant le ballet des poissons dans leur aquarium. On y devine, par les arpèges aigus et légers des 2 pianos toutes ces bulles d'air remontant à la surface. Puis de jolies descentes au célesta (petit instrument à clavier et lames sonores) nous transportent dans un monde d'imaginaire et de rêve...

Le Cygne

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La pièce du Carnaval des Animaux intitulée Le Cygne s'adresse à un violoncelle, chantant langoureusement son thème en sol majeur, et deux pianos qui égrènent un fond musical d'arpèges fluides, aquatiques et vaporeux.

Saint-Saëns utilise les effets sonores du glissando (son glissé) et du legato (sons liés) pour suggérer le déplacement gracieux et glissant du cygne. Le morceau est de forme tripartite (trois parties) : A-B-A.

L'Éléphant

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Cette pièce est écrite pour le piano et la contrebasse. Le piano débute en accords plaqués, pour proposer un rythme lent de menuet. L'éléphant - donc la contrebasse - essaie de poser ses pas pesants sur cette danse gracieuse de cour. Au début maladroit, il semble progressivement gagner en légèreté... Bravo !

Qui était Camille Saint-Saëns ?

fiche artiste camille saint saens

Camille Saint-Saëns est né à Paris le 9 octobre 1835. Il est élevé par sa mère et sa grande tante. Prodigieusement doué, il apprend le solfège à 2 ans, compose d'instinct à 5 ans et se produit salle Pleyel à l'âge de 11 ans.

Le jeune artiste entre au Conservatoire de Paris à 13 ans et y obtient un 1er Prix d'orgue. Il échoue au Grand Prix de Rome, mais il faut compter qu'il y est candidat à 16 ans !

On lui confie le grand orgue de l'Église de La Madeleine. Ses dons d'improvisateur, sa mémoire extraordinaire et son oreille hors du commun subjuguent les auditeurs lors de ses prestations.

 

Devenu professeur de piano et chef de file de l'école française, il fonde en 1871 la Société Nationale de Musique, qui a pour but de défendre la musique française derrière la devise : "Ars Gallica".

Sur les conseils de son médecin, Saint-Saëns passe l'hiver 1873 sous le climat méditerranéen d'Alger. Un séjour qui va marquer profondément sa personnalité et une partie de son œuvre. Il y retournera 17 fois.

Le 3 février 1875, l'artiste épouse Marie Truffot. Un mariage malheureux, damné par la fatalité : leurs deux enfants vont mourir, l'un à 2 ans, l'autre à 7 mois. Camille Saint-Saëns tombe en dépression et le couple se sépare. Réconforté par sa mère qui l'aide à surmonter ses souffrances, il reprend lentement son travail comme un exutoire.

Mais à la fin de l'année 1888, la disparition de cette maman le frappe à nouveau. Il devient solitaire, renfermé et indifférent à tout... Il veut fuir Paris, ses mondanités "hypocrites" et voyage de plus en plus.

En 1913, il est élevé à la plus haute dignité de la Légion d'Honneur, après avoir reçu d'autre distinctions en Angleterre et à Alger. C'est d'ailleurs en Algérie, lors de son dernier voyage dans l'hiver 1921, qu'il s'éteint le 16 décembre.

Après des obsèques nationales, il rejoint dans le tombeau du cimetière Montparnasse sa mère et ses deux enfants qu'il avait tant aimés.